LE FOETUS A T'IL UNE MEMOIRE ??????
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POUR UNE FOIS QU'ON ME DONNE LA PAROLE ! J'LA PRENDS. VOUS VOULEZ SAVOIR CE QUE JE PENSE DE L'ETRE HUMAIN ??
(LIVRE A LIRE A PARTIR DU PREMIER ARTICLE. CLIQUEZ SUR LISTE COMPLETE. Merci)
Non, j'ai pas envie de vous parler de ma "grossesse" en ce moment. Je suis plongée dans ce roman mystérieux.
Et le reste du temps, vous voulez dire ?
Eh bien, cette partie est consacrée au sommeil. Il se passe tellement d'évènements bizarres dehors que je suis bien là où je me trouve.
Vous voudriez bien revenir dans cette poche moelleuse et confortable, à l'abri, sous protection, hein ? Celle que vous avez précipitemment quittée parce que trop curieux et tentés d'aller voir dehors.
Je vous comprends. Vous n'avez jamais demandé à venir au monde alors que moi, j'ai le pouvoir de ne jamais sortir.
Bon !!! Allez ! Vous n'allez pas me faire une crise de Calgon hein ? Allez ! Laissez-moi continuer ma lecture...
Bisous les Grands Avortons !
(5) - GASTON L'HOMME BON...suite
Gaston sollicite Gil à l'aider à finir ses tournées de lait. Le coeur sur la main cet homme ridé qui paraît plus vieux que son âge ! Grosse moustache brune, grand sec, 1,80 m grêlé d'acné, coiffé d'une éternelle casquette soudée à son crâne que l'on devine chauve, il attire la sympathie. Son regard laisse néanmoins transparaître une souffrance qu'il traîne à travers une larme éternelle. Il est d'un naturel râleur et peste en permanence sans agressivité. Tout le monde connait Gaston l'homme bon, toujours prêt à rendre service. Sa vie est extrardinaire. Gaston est un enfant adopté, il s'est toujours suffi à lui même. Il n'a jamais été à l'école. Il voit le jour le 20 Novembre 1904 à Tellancourt près de Nancy. Sa mère meurt en couches alors qu'il n'a que 3 ans. Son père les abandonne lui et son unique frère d'où leur placement à la DDASS. Gaston qui ne supporte pas cette vie s'échappe à l'âge de 12 ans et commençe à travailler dans une ferme près de Rouen où il est recueilli par un vieux fermier solitaire sans aucune famille. S'établissent alors entre eux des liens presque parentaux et c'est dans un amour paternel qu'il va grandir au milieu des vaches apprenant le métier sous la houlette du vieux fermier. Malheureusement le vieil homme meurt laissant Gaston seul face à cette exploitation laitière. Gaston n'a alors que 22 ans. Il n'a jamais été fainéant. La chance va lui sourire. Il est seul bénéficiaire dans le testament que le vieil homme avait fait parvenir au notaire. Par amour et par respect en sa mémoire, il va s'acharner à la besogne et c'est une affaire florissante que Gaston va produire. Il ne roule pas sur l'or mais ses revenus lui permettent d'engager un jeune couple, Marinette et Edmond qui prendront domicile chez lui. Marinette est une femme d'1,60 m assez fluette, le visage ingrat marqué sans doute par de terribles secrets. Edmond a 20 ans de plus qu'elle. Un marginal solitaire. Ils sont trop différents pour être ensemble mais ils donnent tout de suite satisfaction à Gaston qui n'est pas du genre à poser des questions. C'est un homme bon Gaston. Marinette s'occupe bien de la ferme et des animaux, et Edmond est un gaillard solide réparant de nombreux outils évitant des frais chez le quincailler du coin. Ils occupent une petite cabane de quatre pièces confortables et disposent de l'eau et de l'électricité. Le potager est régulièrement entretenu par Marinette qui se montre une cuisinière douée. Que pourrait demander Gaston de plus. Dix années que ce couple apparemment sans histoire partagent la vie de Gaston. Mais l'arrivée de Gil va chambouler la vie à la ferme...
La tournée épuisante s'achève. Gil s'est endormi, sans doute marqué par le manque de sommeil. Il est presque midi quand Gaston réveille brusquement Gil lui annonçant une invitation à déjeuner dans sa modeste demeure.
Marinette se tient debout devant la porte un torchon à la main qu'elle secoue. Voyant cet étranger accompagnant Gaston, elle rentre aussitôt et ferme la porte derrière elle au lieu de les accueillir. Gaston n'a rien vu de cette scène, trop occupé à décharger sa camionnette...
Marinette se hâte de prévenir Edmond de l'arrivée de cet intrus qui va chambouler le plan qui germe dans leurs esprits depuis longtemps, dans le but de dépouiller le pauvre Gaston. Un stratagème diabolique....
Rouen - 30 Juin 1949 -
Gil alors âgé de 16 ans quitte le domicile familial après une nuit agitée. L'aurore à peine levée, il emboîte le pas doucement en prenant le soin de ne pas réveiller "ses mères". Elles seront avisées de son départ secret qu'au moment de leur petit déjeuner. Pour le moment, elles dorment profondément et Gil a pris le soin de déposer une lettre brève sur la table de la cuisine..Juste quelques mots ornent cette feuille déchirée de son cahier intime : "Je pars à ma recherche - Adieu".
Un baluchon sur son épaule contenant juste de quoi se changer, son journal intime, son certificat d'études, quelques billets de banque et surtout, surtout la photo de sa mère Daisy...
Il jette un dernier regard derrière lui, baisse son chapeau comme pour oublier et emprunte d'un pas décidé le chemin de terre qui le transportera dans le néant...
Il sait qu'il dispose de tous les atouts pour réussir, que l'enjeu va être trés difficile mais tout peut arriver. Pour Gil ce départ, cette renaissance est le Pérou. Il a attendu longtemps..Il a tant de fois rêvé de grande vie, de belles filles, de copains. Qu'on le respecte enfin, qu'on le salue, qu'on se retourne sur lui.... mais pour flamber il faut du prestige, de l'audace, de l'argent...
Au bord de la route, une camionnette de laitier semble rouler au pas. Gil fait signe au conducteur qui s'arrête et le fait monter comme s'il était joyeux de trouver un compagnon de route devenue rhébarbative et monotone.
La discussion fait bon train portant sur les vaches, le lait, la distribution matinale. L'homme est trés bavard.
Au fil de la conversation, Gil apprend que ce laitier doit prendre le bateau en direction de la Nouvelle Orléans. Il se dit que c'est un signe du destin. Et quel destin !!!
"J'm'appelle Gaston l'ami ! Un chti coup d'rouge ?"
Gil qui n'a jamais bu, se lâche dans un soupir et accepte ce goulot tendu dans cette main ridée cordiale. Une gorgée, deux.. et dans un sursaut de fierté il avale en un trait la moitié de la bouteille.
"Ste Marie ! Sacré descente P'tiot !"
"Et où c'est y que tu vas comme ça mon gamin ?"
"M'sieur Gastion, je suis à la recherche de ma mère que je n'ai jamais vu"
"Et où c'est y qu'elle est ta mère ?"
"Aux dernières nouvelles, j'ai cru comprendre dans une conversation de la famille qu'elle se trouverait en Amérique" réplique Gil, tête baissée, se pinçant la lèvre pour faire jaillir cette putain de larme qui tarde à apparaître de son oeil"
Gaston, touché par ce môme pour lequel il se prend en pitié lui tapote l'épaule comme pour lui faire comprendre qu'il allait l'aider....
DAISY DURIEUX
(3) - LA DAISYRADE...suite
Gil Durieux est un vieux beau au physique agréable attirant les plus belles femmes d'un simple regard. Un homme trés élégant que la vie n'a pas gâté, élevé et entouré de femmes, il n'a jamais su et on lui a toujours caché qui était son père. Sa mère souvent absente, c'est sous l'emprise d'une vieille tante et d'une grand mère autoritaire qu'il grandit avec une haine démesurée pour sa mère à qui il reproche de n'avoir jamais été à ses côtés. Elle lui a rendu visite qu'une seule fois, il avait alors 6 ans. Il garde constamment dans son portefeuille le seul lien qui l'unit à sa génitrice, une photo jaunie par les années. Une mère trop belle, trop dure, trop autoritaire a t'il entendu dire dans les rares conversations qu'il a épiées, caché derrière une porte chez sa vieille tante...
Ce sont les larmes aux yeux qu'il va s'imaginer,seul la nuit, la tête enfouie sous sa couverture, la personnalité de sa maman et l'endroit où elle peut bien vivre. Il va l'aimer autant qu'il la hait. Son équilibre nerveux n'y résiste pas. A 10 ans, période où les enfants de son âge se réunissent dehors pour jouer, il traîne seul, marche de longues heures le dos accolé contre les murs du voisinage arborant un regard perçant, un demi sourire dessiné au bord des lèvres qui semble indiquer : "Je vais me venger quand votre heure viendra". Un mauvais présage sans doute. Nul ne l'a pris au sérieux ce pauvre Gil.
Fréquentant l'école de son quartier, les seules bonnes notes qu'il ramène concernent le dessin. Ses professeurs repèrent néanmoins en lui une véritable passion pour cet art. A peine rentré chez lui, il s'enferme à double tour et passe ses soirées à dessiner des bouches de femmes, avec un seul modèle qui ne quitte pas la petite table qui lui sert de bureau : la photo du visage de sa maman sur laquelle se dessine de magnifiques lèvres pulpeuses, cette bouche qui hante indégnablement ses nuits.
Il ne s'intéresse qu'à une seule sorte de lecture, les revues et magazines truffés de magnifiques créatures dont il découpe scupuleusement les bouches qu'il colle dans une sorte de cahier intime. Une obsession.
Les années passent. Il grandit toujours habité par ce sadisme, cet érotisme, ce mystère dans lequel il se complait.
L'ambiance à la maison n'est pas au beau fixe. Ses deux "mères" sont continuellement en train de lui faire mille et un reproches, mais il baisse les yeux et se tait, marmonnant tout bas. Les seules sorties qu'il s'octroie, c'est attelé sur sa bicyclette flambant neuve chez le diffuseur de presse du coin où un paquet de revues l'attend chaque jour. Gil n'est pas aussi bête qu'il en a l'air. Il a réfléchi et en a conclu qu'il devait conquérir ce monde qu'il hait en devenant un notable. Et pour devenir ce notable tant vénéré et respecté, il faut qu'il réussisse...
Une nuit sans sommeil, il eût une idée lumineuse.. Il repassa dans son esprit les images de ces longs moments où il raclait les murs des rues avoisinnantes avec son dos. Un flash ! Comme par enchantement. Ces murs de bétons allaient bouleverser sa vie. Il deviendra architecte. Oui, bon sang ! Un grand architecte !
Dés lors, il prend conscience de son sort et se mit avec acharnement à travailler studieusement et obtenir les meilleures notes, à la joie des ses "mamans" qui ne comprirent rien au changement soudain de personnalité de Gil.
Un autre projet mûrissait dans son esprit. Il se fit le sermon de bâtir une maison de maître qu'il baptiserait "La Daisyrade".
Pourquoi ? Parce que le seul renseignement qu'il avait obtenu concernant sa mère était son prénom : Daisy....
(2) - DAISY, LA DESIREE...suite
Daisy, une brune ténébreuse, pulpeuse laissant dépasser de délicieux morceaux de chair, est danseuse dans le célèbre cabaret le "Music Hall", que les vaillants hommes fréquentent pour un dernier verre, histoire de se rincer les yeux avant de regagner leurs foyers.
Elle se produit quasiment nue devant des centaines d'yeux à qui ils ne manquaient que la parole. Aguicheuse, divinement belle, elle cherche le grand amour, collectionnant des aventures sans lendemain.
Il ne se passe pas un soir sans que le parterre de sa loge soit jonché de multiples bouquets de fleurs, de cadeaux agrémentés de mots enflammés qu'elle ne prenait pas toujours le temps de lire jusqu'à ce fameux soir dans sa loge, alors qu'elle se déshabille avec son amie de toujours, Suzan..
"Daisy, on a frappé"
"Va ouvrir Suzan !"
"Bonsoir Miss Daisy. Je m'appelle Gil. Je vous admire depuis longtemps. Je suis présent tous les soirs au fond de la salle. Je ne vous embête pas plus longtemps mais sachez que j'ai mis ma Rolls à votre disposition, là dehors. Allez y si vous voulez avec votre amie. Mon chauffeur est à votre disposition et tous vos désirs seront des ordres..Vous pourrez aller dans les magasins, vous offrir tout ce que vous voulez gratuitement...Je reviendrai dans une semaine alors profitez en bien ! Bonne soirée.."
Il baise délicatement les mains des ces charmantes dames et disparaît soudainement.
"Daisy, viens voir par la fenêtre. Regarde cette magnifique Limousine blanche. Il dit vrai le bougre !"
"Attends Suzan. Je me méfie de cet homme. Nous ne le connaissons pas. Et qui dit que ce n'est pas un piège ? Tu te rapelles de ce Charles qui t'avait enlevée et tabassée ?"
"Daisy mais tu es folle ? Qu'est ce qu'on risque ? Ce mec a disparu. Il nous offre une soirée en Rolls ! On pourra s'offrir tout ce qu'on veut aux frais du Prince...Allez ! Allons y je t'en prie !"
"Humm !! C'est vrai que c'est tentant. Crois tu que je vais enfin pouvoir m'offrir cette magnifique fourrure dont je rêve depuis des années ? Laisse moi réfléchir et sers moi un verre !"
"Je t'en prie Daisy..On pourra même faire un saut chez ta mère qui s'inquiète de ton sort. Tu pourras lui prouver que tu as réussi et qu'elle n'a aucune inquiétude à avoir !"
"Bon, bon, tu as gagné !"
"Je t'adore Daisy, à nous la belle vie, trinquons à ce charmant inconnu bourré aux as !"
"Allez vite, on va se faire une beauté !"
La Rolls est toujours stationnée en bas. Le chauffeur trés élégant est adossé au capot, fume un cigare et attend sans s'inquiéter.
"Mademoiselle Daisy ? Je suis Georges, votre chauffeur. Monsieur Gil m'a donné les consignes et tous vos désirs sont des ordres. Entrez ! Une bouteille de champage vous attend à l'intérieur !"
"Enchantée Georges ! Je vous présente mon amie Suzan !"
A suivre...
(Crédit photo : Verdeau)










